Au secours ! Je suis dans une communauté d'héritiers !
Si plusieurs personnes deviennent héritières, l'ensemble de la succession leur appartient d'abord en commun. Tous les héritiers forment ce que l'on appelle une communauté héréditaire. La gestion et le déroulement des communautés d'héritiers soulèvent souvent des questions. Les notaires apportent leur soutien dans ce domaine et conseillent en amont sur la manière d'éviter les communautés héréditaires qui ne fonctionnent pas.
Hériter sans rien faire
Lorsqu'une personne décède, il est difficile pour les proches de penser aux conséquences juridiques : Selon le droit allemand, l'ensemble du patrimoine du défunt - la succession - est transmis aux héritiers désignés sur la base d'un testament, d'un pacte successoral ou de la loi. Cela se fait automatiquement ; une participation des héritiers n'est pas nécessaire. Ils peuvent toutefois répudier l'héritage dans le délai de répudiation (en général six semaines).[1]
Tous les héritiers doivent participer
Plusieurs héritiers détiennent ensemble l'ensemble de la succession en tant que communauté héréditaire. Conséquence la plus importante : ils ne peuvent disposer des biens de la succession qu'ensemble. "Si une voiture ou un bien immobilier doit être vendu, tous les héritiers doivent participer", explique Dr Markus Baschnagel, directeur de la Chambre des notaires du Bade-Wurtemberg. Cela peut entraîner des difficultés pratiques, car tous les cohéritiers ne peuvent ou ne veulent pas toujours participer à la gestion ou à la liquidation de la succession. "Les raisons sont multiples, par exemple certains cohéritiers peuvent vivre à l'étranger, ne pas avoir la pleine capacité juridique ou tout simplement avoir des divergences d'opinion. La communauté héréditaire ne se prête donc généralement pas à une détention à long terme des biens de la succession", conclut Baschnagel. Il est toutefois possible de prendre des dispositions pour éviter que de telles communautés d'héritiers ne fonctionnent pas : Les notaires conseillent à ce sujet dans le cadre de la rédaction de testaments et de pactes successoraux.
Conflit - même sans dispute
Les communautés d'héritiers peuvent être dissoutes de différentes manières :
- Les héritiers peuvent se mettre d'accord sur le partage de la succession et le régler par un contrat, appelé "partage successoral". Si des biens immobiliers ou des parts de SARL se trouvent dans la succession, un acte notarié est nécessaire. Dans ce cadre, il est également possible de convenir de paiements compensatoires. L'avantage : "Si un bien immobilier faisant partie de la succession est transféré à un cohéritier, il n'y a pas d'impôt sur les mutations foncières", sait Baschnagel.
- Un héritier peut céder sa part de la communauté héréditaire à un cohéritier ou à des tiers. Si un héritier souhaite vendre sa part d'héritage à un tiers, les autres cohéritiers disposent d'un droit de préemption. Si une personne réunit toutes les parts d'héritage sur elle, l'ensemble de la succession lui revient. Les transferts de parts successorales doivent également faire l'objet d'un acte notarié.
- La situation peut se compliquer si aucun accord n'est trouvé sur le partage de la succession. Il existe certes la possibilité de recourir, sur demande, à une procédure de médiation successorale devant notaire. "Mais de telles procédures sont très coûteuses et ne sont que rarement couronnées de succès", rapporte Baschnagel. Il est donc plus fréquent que les cohéritiers recourent directement à l'épée la plus tranchante et demandent une vente aux enchères de partage, au cours de laquelle les biens de la succession, notamment les biens immobiliers, sont vendus aux enchères judiciaires. "Mais c'est généralement la pire des solutions, car une vente de gré à gré permet souvent d'obtenir un meilleur prix", explique Baschnagel..
Assistance notariale pour les démarches
Les notaires expliquent les pièges juridiques, veillent à un règlement juridiquement sûr et facilitent ainsi aux héritiers la liquidation de leur communauté héréditaire. Un conseil notarial aide non seulement à dissoudre les communautés d'héritiers existantes, mais peut également prévenir les conflits. "En rédigeant un testament ou un pacte successoral à temps, on peut empêcher de manière ciblée la formation d'une communauté héréditaire qui ne fonctionne pas", explique Baschnagel. "Celui qui prend des dispositions évite souvent à ses proches des conflits compliqués et émotionnels", conclut Baschnagel.
[1] Le thème de l'ouverture de la succession est abordé dans notre communiqué de presse de septembre 2024, disponible à l'adresse suivante :
https://medienverbund-notarkammern.de/wp-content/uploads/2024/10/Pressemitteilung-2024-9-Karras.pdf

