Familles complexes, situations claires : Planification successorale dans les familles recomposées
A une époque où les structures familiales se diversifient, les familles recomposées sont un phénomène de plus en plus fréquent. Mais le défi de faire coïncider différents parcours de vie et différentes relations soulève également des questions complexes en matière de planification successorale. Le droit successoral légal se base sur la situation familiale traditionnelle et ne tient pas compte des intérêts particuliers des familles recomposées. Un conseil juridique qualifié et des dispositions à cause de mort basées sur ce conseil sont urgemment nécessaires pour éviter les mauvaises surprises lors de la succession.
La succession légale n'est généralement pas adaptée
Les familles recomposées se caractérisent par le fait qu'au moins l'un des deux partenaires ou conjoints apporte dans la famille un ou plusieurs enfants issus d'une relation antérieure et qu'il peut en outre y avoir des enfants communs. "Les personnes concernées ne sont souvent pas conscientes du fait que les beaux-parents et les beaux-enfants ne sont, selon les dispositions légales, ni héritiers ni réservataires les uns par rapport aux autres", explique Dr Markus Baschnagel, directeur de la Chambre des notaires du Bade-Wurtemberg. "Si, dans cette constellation, une disposition à cause de mort fait totalement défaut ou si les particularités juridiques n'ont pas été suffisamment prises en compte, cela peut conduire, lors de la succession, à un écart grave par rapport à la conséquence juridique réellement voulue".
Conséquences juridiques indésirables en cas de planification successorale erronée
Les exemples suivants montrent à quelle vitesse les conséquences indésirables d'une planification successorale insuffisante peuvent survenir :
Par exemple, si les deux conjoints ont chacun amené un enfant dans la relation sans avoir d'enfants communs et que le mari décède en premier, ses héritiers légaux sont son enfant et son épouse, à parts égales. Si l'épouse décède plus tard, son enfant hérite seul selon l'ordre de succession légal. L'enfant de l'épouse hérite donc indirectement, en plus des biens de sa mère, de la moitié de la succession de son beau-père. En revanche, l'enfant du mari ne reçoit que la moitié de la succession de son père. Il ne reçoit rien de la succession de sa belle-mère. En l'absence de dispositions adéquates, l'enfant du partenaire vivant depuis plus longtemps est donc favorisé.
Si, dans ce cas, les époux souhaitent se protéger mutuellement et se désignent donc chacun comme unique héritier sans autre disposition, l'épouse devient l'unique héritière du mari après son décès. Après son décès, seul son enfant hérite ; l'enfant du conjoint - en l'absence de droit de succession légal après l'épouse - ne reçoit qu'une part réservataire après le décès de son père. Si l'enfant ne fait pas valoir sa part de réserve à temps dans le délai prescrit par la loi, il risque même de ne rien recevoir du tout.
Si, dans l'exemple susmentionné, les époux prévoient en outre qu'après le décès du dernier époux, tous les enfants hériteront à parts égales, l'enfant du premier époux décédé pourrait d'abord faire valoir sa réserve héréditaire à son décès et recevoir ensuite la moitié de la succession de l'épouse, ce qui n'est souvent pas souhaitable. En outre, un besoin de conseil particulier se fait sentir lorsque les époux amènent un nombre différent d'enfants dans le mariage, car dans ce cas, il faut tenir compte des particularités en matière de réserve héréditaire.
"Les exemples cités montrent que la participation à la succession des enfants prévue par la loi dans les constellations recomposées peut dépendre d'aléas, notamment de l'ordre de décès des époux et de l'exercice des droits à la réserve", explique le Dr Baschnagel. "En revanche, une organisation juridique habile permet d'éviter les conséquences aléatoires et non souhaitées et de mettre en œuvre la planification successorale souhaitée en toute sécurité juridique".
De nombreux conjoints souhaitent en outre éviter qu'au décès de l'enfant, l'autre parent de l'enfant et ex-partenaire d'un conjoint ne profite indirectement, par le biais de la succession légale, de leur propre patrimoine et peut-être même de celui de leur nouveau conjoint. Ce résultat indésirable peut également être évité par des dispositions testamentaires ou successorales.
Conseil juridique indispensable
Il n'existe pas de solution standard pour l'organisation de la succession dans les familles recomposées. La bonne organisation dépend de la constellation familiale concrète et de la planification successorale souhaitée. Un conseil juridique approfondi et la mise en œuvre qualifiée des conséquences juridiques souhaitées sont donc d'autant plus importants. "Cela relève du cœur de l'activité notariale", conclut Dr Baschnagel. "Les honoraires sont calculés en fonction de la valeur de l'objet selon la loi sur les frais de justice et de notaire et sont identiques chez tous les notaires. Les honoraires sont indépendants de la complexité des faits et de l'étendue du conseil juridique auquel il est fait appel".

